«
A Solreit-Tinlot, la population a rendu un hommage unanime à
Mr le curé Antoine Mairlot, à l'occasion de son jubilé
sacerdotal ». « A Vaux Borset, la population a chaleureusement
fêté M. Jules Mazy, garde champêtre, à l'occasion
de sa retraite ». « A Lamontzée, la population
a dignement fêté les noces d'or des époux Bernard-Eume
».
Quoi de plus habituel, de plus anodin que ces fêtes qui reviennent
chaque jour à la "une" de la presse locale ?
Et
si la presse locale n'était pas aussi simple que cela ? Et
si elle me racontait une histoire que je ne soupçonnais pas
? Et si le journaliste était un conteur ?
Peut-être faut-il se donner la peine d'écouter «
ce qui parle au-delà des colonnes imprimées».
Peut-être va-t-on trouver derrière tout ce vacarme de
l'information, le silence et la solitude de l'homme d'aujourd'hui.
Même dans sa région. Même dans son village. Ce
grand spectacle du monde qu'il s'offre dans les médias - jusque
et y compris dans la locale - n'est-ce pas le dernier refuge, la dernière
manifestation du sacré un "ailleurs", un "au-delà"
de ce qu'il vit ici et maintenant ?
Voilà
donc que cette feuille locale, apparemment si proche, si quotidienne,
me livre des contenus insoupçonnés, insolites et qui
n'avaient pas été perçus à la lecture
ordinaire, des contenus rejoignant parfois, contre toute attente,
ceux de la presse du ceur.
Ainsi, dans son univers comme dans son écriture, la locale
me promène dans un monde stable, féodal et mythologique.
Les images se sont faites familières. Comme l'église,
le mythe est au milieu du village.